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Lundi, 12 Mars 2018 12:02

Enfants à troubles ou handicaps légers : aménagements raisonnables

 

Le 6 décembre dernier, dans une relative indifférence, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles adoptait un projet de décret relatif aux aménagements raisonnables. Noyée dans une actualité dominée par le décès d’un célèbre chanteur, cette nouvelle pourrait pourtant changer le quotidien de centaines de parents et de leurs enfants. Heureusement, il n’est pas trop tard pour en parler.

C’est une classe de primaire imaginaire dans une école fictive. Prenons deux élèves, installés l’un à côté de l’autre. Le premier souffre d’une myopie sévère, il ne quitte jamais son épaisse paire de lunettes. Son handicap est visible, son professeur le sait et n’hésite pas à l’asseoir au premier rang. Pour lui faciliter la vie.

Le second n’a pas de lunettes mais souffre de troubles de l’apprentissage. Il est à la fois dyslexique et dyscalculique. Ses soucis sont cachés, ils ne sautent pas aux yeux. Si on ne l’aide pas, il ne pourra jamais aller au bout d’un processus d’apprentissage classique. Son professeur ne veut pas prendre quatre minutes pour lui expliquer oralement l’énoncé d’une question. Il va échouer. Un peu comme si on avait forcé l’élève myope à travailler sans ses lunettes.


Un décret adopté...en décembre dernier

C’est pour lutter contre ce type de discriminations que la Fédération Wallonie-Bruxelles a pris la question des aménagements raisonnables à bras-le-corps. La proposition de décret adoptée en décembre impose aux écoles la mise en place d’aménagements raisonnables pour les élèves aux besoins spécifiques. Le souci, c’est que les écoles et les parents ne semblent pas tout à fait informés.

"Proposition de décret qui reste totalement anonyme. Les PMS et les écoles ne sont pas au courant alors à quoi bon ? Cela doit être un scoop car personne n’en parle" nous a écrit Belinda via le bouton orange Alertez-nous. Si elle s’étonne du silence médiatique autour de cette question, c’est qu’elle est directement concernée.

"Nous avons un fils, Jules, qui a des difficultés à l’école. Il souffre de troubles de l’attention, sans hyperactivité. Il est dyslexique, dyscalculique et dysorthographique avec des troubles instrumentaux. Il va avoir 15 ans en mars. Jusqu’à cette année, dans les écoles, on n’a jamais rien fait pour lui" précise Belinda.

Le jour de l'examen, calculatrice interdite

Un exemple concret des difficultés rencontrées par Jules pendant sa scolarité : "En sixième primaire, il a eu le droit d’utiliser sa calculatrice pendant toute l’année…jusqu’au jour de l’examen. Pour le CEB, il n’y avait plus droit. Ça n’a pas de sens" détaille la maman.

Depuis le mois de septembre, Jules est inscrit en deuxième différenciée au Centre Scolaire Don Bosco de Tournai. Pour la première fois de sa vie scolaire, il n’est pas laissé seul face à ses troubles. "Son titulaire a pris l’initiative de bien vouloir l’aider, explique sa maman. Il lui donne des astuces pour s’en sortir, il prend le temps de lui réexpliquer oralement les choses qu’il ne comprend pas à l’écrit. Parfois, ce sont vraiment des petites choses, comme le laisser utiliser un boulier en cours de mathématiques".


Une découverte par hasard

Ces petites attentions, nécessaires pour le développement de Jules, sont le fruit du bon-vouloir de son titulaire. Rien ni personne n’a obligé ce professeur de mathématiques à mettre des choses en place pour l’adolescent. Les parents de Jules se sont souvent demandé ce à quoi ils avaient droit, ce qu’ils pouvaient réclamer pour leur fils.
"Un jour, mon mari fouillait un peu partout sur internet pour se renseigner sur les aides qu’on pouvait avoir avec notre fils. Il est tombé sur ce décret dont on n’avait jamais rien entendu. On en a parlé à la dame du centre PMS de l’école et elle n’en savait rien non plus. On en a parlé lors d’une réunion de parents et le titulaire, les professeurs n’étaient pas plus au courant".

Si Belinda et son mari ont décidé de prévenir la rédaction et de nous raconter leur histoire, c’est justement à cause de ce manque d’information et de publicité autour d’un projet aussi important. "Ce qui nous a alerté, c’est de se dire que les ministres lancent quelque chose qui peut être très bien pour les enfants mais qu’il n’y a aucune communication dessus. Pourtant, cela pourrait aider plusieurs familles avec des enfants en difficulté".


"C'est la preuve que la ministre y attache une grande importance"

Comment expliquer le manque de communication ? Parce que tout n’est pas tout à fait prêt. "L’information a été transmise à tous les réseaux lorsque la proposition de décret a été adoptée, explique Olivier Laruelle, de la cellule communication du cabinet de Marie-Martine Schyns. Une communication plus précise est prévue au mois de mars, quand toutes les fiches seront finalisées". Des fiches qui seront fournies au personnel enseignant pour leur expliquer, en détail, comment mettre en place des aménagements en fonction des problèmes rencontrés par les enfants. "De plus, le prochain numéro de la revue PROF, distribuée en 100 000 exemplaires à tous les professionnels de l’éducation, aura comme dossier principal les aménagements raisonnables" ajoute Olivier Laruelle. Du côté du cabinet, on rappelle aussi que si le décret a été voté, l’application n’est prévue que pour la rentrée 2018. "Nous avons organisé une réunion d’information avec la ministre en janvier, à Ixelles et une autre à Namur. Ces rencontres avaient justement pour but d’expliquer ce nouveau décret. C’est la preuve que la ministre y attache une grande importance" argumente Olivier Laruelle.


Dès la rentrée, c'est parti

A la rentrée prochaine, Jules aura donc droit à des aménagements. Ce ne sera plus le fruit de la seule bonne volonté de son professeur. "Tous les parents doivent se rendre compte, ils doivent savoir qu’ils auront le droit de demander des choses" insiste Belinda. Mais qui y aura droit ? Chaque situation sera évaluée au cas par cas mais les bénéficiaire seront des élèves qui ont développé "un trouble spécifique de l’apprentissage, un trouble du comportement, un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité" explique Olivier Laruelle. "Les élèves qualifiés comme étant à haut potentiel peuvent également bénéficier des aménagements, ainsi que ceux qui souffrent d’une maladie invalidante ou d’un handicap physique et/ou sensoriel".

Pour répondre aux besoins spécifiques des enfants, différents types d’aménagements sont envisagés. Des aménagements d’ordre matériel, "donc relatifs aux infrastructures et aux locaux ; notamment en ce qui concerne leur accessibilité" détaille-t-on du côté du cabinet. Des aménagements d’ordre pédagogique, relatifs aux méthodes, aux supports et aux concepts d’apprentissage. Enfin, des aménagements organisationnels, rapport aux grilles horaires par exemple, peuvent également être mis en place.


"On avait visité une école spécialisée avec Jules (...) il n’avait rien à faire là-bas"

Dans de nombreux cas, les enfants comme Jules sont orientés, presque par défaut, vers l’enseignement spécialisé. Et pourtant, ce n’est pas toujours ce qu’il leur faut. "On avait visité une école spécialisée avec Jules et lui –comme nous– estimait qu’il n’avait rien à faire là-bas. En discutant avec les psychologues de cette institution, eux-mêmes m’ont dit qu’il n’avait rien à faire dans cet établissement" rappelle la mère de famille. D’autant plus que le jeune garçon n’avait pas l’intention de quitter l’enseignement classique. "Lui tenait vraiment à rester dans une école ‘normale’. Il a ses copains, ses habitudes, il s’y sent bien" tient à préciser sa maman. Ça tombe bien. Désormais, il n’aura plus à se poser la question.

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