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Mardi, 04 Avril 2017 07:12

Il se bat de sa chaise roulante contre le système d'évaluation du handicap

Il se bat dans sa chaise électrique pour qu'on revoit le système d'évaluation du handicap qu'il juge archaïque - © Monika Wachter - RTBF Il se bat dans sa chaise électrique pour qu'on revoit le système d'évaluation du handicap qu'il juge archaïque - © Monika Wachter - RTBF

Real Hutchinson avait neuf mois quand il est devenu handicapé suite à une opération au cours de laquelle son cerveau a manqué d'oxygène.

Il est ce qu'on appelle un infirme moteur cérébral. Il sait à peine bouger ses bras, ses mains et son corps. Il est tout raide et a des spasmes. Il a donc besoin d'une chaise roulante électrique et de soins infirmiers matin et soir pour le lever et le coucher. Aujourd'hui il a 37 ans et vit à Louvain-la-Neuve. Pendant des années, il a eu droit au forfait de soins infirmiers le plus élevé : 45,49 € par jour.

Je veux dénoncer ce système d'évaluation du handicap archaïque

Lors d'un contrôle d'une infirmière de sa mutuelle, les Mutualités chrétiennes, il a été déclassé. L'échelle d'évaluation comporte trois catégories. Il a dégringolé du niveau le plus haut au niveau le plus bas. Au lieu des 45,49 €, le remboursement ne s'élève plus qu'à 17,26 € par jour. Real Hutchinson raconte la visite de l'infirmière de contrôle. "L'inspectrice de la mutuelle est venue. Elle est restée sur le pas de la porte. Elle m'a regardé cinq minutes. Et elle a décrété que j'étais assez autonome pour me mettre au lit."

 

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Real Hutchinson et sa maman, Maryse Van Oudenhove - © Monika Wachter - RTBF

 

Un premier recours

Outré par cette décision, Real Hutchinson est allé en recours auprès de sa mutuelle. Les Mutualités chrétiennes ont décidé de le remonter d'un degré, au forfait intermédiaire. Le remboursement s'élève aujourd'hui à 33,26 € par jour et l'obligation de l'infirmier de passer au moins une fois par jour. Mais cette décision ne convient toujours pas à Real Hutchinson. "L'infirmier a juste le passage du matin qui est obligatoire. Pour le reste, il n'est pas obligatoire, c'est au bon vouloir de l'infirmier." Sa mère, Maryse Van Oudenhove, enchaîne: "Dans ce forfait intermédiaire, le deuxième service infirmier, celui du soir, pour le coucher avec un peu de toilette, n'est pas obligatoire. Ma crainte est que l'infirmier demande qu'un étudiant, moi, ou n'importe qui d'autre puisse assurer le service."

Les mutuelles sont obligées de procéder à ces contrôles

 

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Dr. Alex Peltier, médecin directeur adjoint des Mutualités chrétiennes - © Monika Wachter - RTBF


Le problème est que ce sont les infirmiers qui déterminent eux-mêmes le forfait auquel a droit leur patient. Les mutuelles sont donc obligées de procéder à des contrôles réguliers pour être sûr qu'il n'y ait pas de surévaluation. Le Dr. Alex Peltier est le médecin directeur adjoint des Mutualités chrétiennes. Il explique : "nous recevons une liste nominative de l'Inami avec dix pour cent de nos patients à contrôler. Ça vise à combattre les abus. Ça vise surtout à vérifier si les infirmiers de terrain connaissent bien l'échelle d'évaluation, s'ils l'appliquent bien, s'ils connaissent bien la réglementation et les textes de convention."

"Il y a un grand nombre de déclassement à cause des surévaluations" expliquent les Mutualités chrétiennes. 20 à 50 pour cent des patients subissent une dévaluation. Par ailleurs, il y a moyen d'introduire un recours auprès de la mutuelle et ensuite, si le patient n'est toujours pas d'accord, auprès du tribunal du travail.

Le combat de Real Hutchinson

Il comprend bien la problématique et la nécessité des mutuelles de faire des contrôles. Mais il trouve que l'échelle à trois niveaux pour déterminer le handicap d'une personne n'est pas adapté. 

"Je ne suis pas un numéro. Je veux me battre pour plus de dignité humaine. Il faut changer ce système."

Aux Mutualités chrétiennes, la direction médicale explique qu'un nouvel outil beaucoup plus fin pour évaluer la perte d'indépendance des personnes est en cours d'élaboration. Mais il faudra encore des années avant qu'il ne soit opérationnel et approuvé par tous les partis. En attendant, Real Hutchinson va continuer son combat. Il a pris un avocat.

Article de Monika Wachter pour RTBF

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