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Mardi, 09 Mai 2017 12:50

Les trucs et astuces d’une ADF (personne avec difficultés financières)

 

Dans « Ma vie en hard discount », Chantal Bauwens donne ses bons plans pour dépenser moins et mieux en situation précaire.

Plus de 15 % des Belges vivent sous le seuil de pauvreté (fixé à 1.074 euros net par mois pour un isolé et 2.256 euros pour un ménage avec deux enfants), soit près d’une personne sur sept. Mais combien de gens non repris dans ces chiffres doivent-ils aussi jongler avec leurs maigres émoluments pour boucler les fins de mois ? Combien de personnes se privent-elles non seulement de loisirs ou de repas au restaurant mais aussi de visites chez le médecin ou le dentiste simplement pour arriver à nouer les deux bouts ou limiter la casse ? Combien de familles monoparentales avec enfant(s) à charge pour qui il est de plus en plus difficile de vivre correctement en n’enfonçant pas leur budget dans le rouge ? Chantal Bauwens sait de quoi elle parle. À bientôt 60 ans, elle est sans emploi et maman d’un adulte handicapé dépendant. Cette situation financière extrêmement délicate, elle la vit depuis de nombreuses années et elle a appris à la gérer, tout en gardant le sourire, malgré les (nombreuses) épreuves qui lui sont tombées sur le dos (lire par ailleurs). Dans « Ma vie en hard discount », elle livre ses trucs et astuces pour dépenser moins et mieux et affronter l’adversité la tête haute. En voici quelques-uns.


Avant la chute

Généralement, on ne tombe pas d’un coup dans la précarité. Mais avec la fin d’un contrat de travail viennent la perspective d’allocations de chômage et une forte baisse des revenus. Pendant cette période, il vous faut prendre conscience que vivre avec moins, c’est possible. Mais il vous faudra changer quelques mauvaises habitudes ruineuses ! C’est le temps des choix, des priorités, des restrictions utiles avant les privations. Il faut :

– Calculer le montant des dépenses annuelles (mutuelle, voiture, taxes, assurances, eau, gaz, électricité, téléphone…) et les mensualiser, même pour le mazout de chauffage (pour payer la grosse note annuelle, mettre de côté chaque mois dans une enveloppe ou sur le compte épargne).

– Terminer si possible des crédits avant la date butoir de votre chute de revenus. Regrouper les créanciers pour payer moins ou plus longtemps (les organismes de recouvrement pourront vous aider).

– Réduire tous les postes énergie, surtout en renégociant les contrats ou en changeant de fournisseur, éplucher les factures, comparer les assurances, traquer les doublons.

– Vivre dans un logement adapté, moins énergivore et sans charges excessives, déménager s’il le faut (surtout éviter la grande maison dont il faut chauffer des pièces peu utilisées).

– Éviter les achats compulsifs, les sorties au restaurant. Ne plus être matérialiste et garder pour garder. Il faut trier et vendre les objets devenus inutiles rangés au grenier ou à la cave. « Que puis-je vendre parmi tout ce que je n’ai plus utilisé depuis un an ? »

– Ne pas attendre le dernier moment pour restreindre ses dépenses mais les établir sur plusieurs mois. « On tombe de moins haut… »

– Comparer les prix, mais aussi les magasins, pour baisser le budget des achats ménagers. Faire ses courses avec un billet de banque plutôt qu’une carte, pour limiter les « dégâts ». Bref apprendre à vivre avec moins pour voir ce qui est possible et sur quelle somme se baser pour « après »…

– Économiser ce qui est possible. « Une petite pièce économisée aujourd’hui, une belle dépense plus tard. »

Pendant la chute

– Établir un montant de ses avoirs et de ses débits (dettes, remboursements, factures), essayer de rééquilibrer lentement mais sûrement. Dresser une liste de ce dont vous pouvez vous passer quelque temps pour payer moins (énergie, téléphone, appareils ménagers, loisirs).

– Délimiter un budget pour chaque poste et s’y tenir. « Si vous n’avez que 200 ou 300 euros pour nourrir votre famille sur le mois, abandonnez la carte de banque, tablez sur le minimum, à diviser par 31 jours, et gardez un billet pour les impondérables (médecin, dentiste, chaussures). »

– Fixer les menus de la semaine. Manger avant de faire les courses, faire une liste et s’y tenir. Privilégier le panier au caddie, les fruits de saison aux pâtisseries préemballées. Faire les courses le samedi soir à la fermeture quand de nombreux produits en date limite sont vendus au rabais. Comparer les prix au kilo/litre. Tabler sur la consommation réelle (trois pommes de terre au lieu de quatre dont une qui file à la poubelle). Diminuer la consommation de viande, remplacer le produit de douche par un savon longue durée…

– Faire ses pâtisseries soi-même. Des basiques toujours savoureux : crêpes, quatre-quarts, pain perdu, flan…

– « Moins on mange, moins on a faim. Pour autant que le menu reste équilibré. Je ne conseille pas forcément de privilégier le produit blanc, tout est affaire de goût. Il faut tout de même s’acheter quelques produits ou marques plaisir, pour garder le moral, et gratter sur autre chose. »

– Garder les tickets de caisse et contrôler les dépenses pendant trois mois, ce qui permettra de repérer les erreurs à ne plus commettre.

Ce qui ne fonctionne pas

– Se priver de chauffage pour économiser est une mauvaise idée. Car l’humidité s’installe. Il faut éviter de se retrouver dans un logement humide qui devient vite insalubre. « Et puis si on prend froid, on est malade : économie nulle. »

– Faire sécher le linge sur le radiateur. Même problème d’humidité. Plutôt laver à 30ºC et mettre moins de produit dans la machine. C’est elle et l’eau qui lavent le linge, pas le produit payé bien trop cher. Pour les taches de gras, essayer le produit vaisselle directement sur la tache. Le vinaigre et le bicarbonate font aussi des miracles et ne coûtent presque rien.

– Acheter en plus grandes quantités ou en plus grand format que nécessaire. « Si vous ne mangez pas tout dans le mois, c’est un mauvais investissement, une perte en place et en énergie. Sans parler d’un gaspillage à la poubelle… »

– Se faire inviter à dîner par des amis en pensant que cela épargnera un repas. Il faudra réciproquer ou apporter un cadeau, des fleurs. Préférer la formule « frais partagés » au resto et le « tout le monde apporte quelque chose » à domicile. « Le fait maison, cela plaît toujours. »

– Se terrer chez soi. « Surtout, il faut garder une vie sociale, avec des personnes qui comprendront que vous vivez un moment délicat, mais évitez de les impliquer. C’est comme pour les maladies ou les problèmes de couple : les gens préfèrent que vous gardiez vos microbes pour vous. Cultivez l’humour et restez positif. Après tout, on a moins d’argent, mais plus de temps à soi, alors comment l’utiliser de manière utile et agréable ? Et puis, relativisez : il y a toujours plus pauvre, plus moche ou plus con que soi. Surtout la dernière catégorie ! »


Une vie de galère

Chantal Bauwens définit ce livre comme « le témoignage d’une mère comme il en existe des milliers, une maman solo de la classe moyenne qui a un enfant/adulte handicapé orphelin à charge, à l’aurore d’une retraite peu glorieuse ». De fait, Chantal Bauwens n’a pas eu une vie comme un long fleuve tranquille. Plusieurs mariages, une fille née de ses premières amours, qui a quitté le nid et s’épanouit aujourd’hui professionnellement, un garçon d’un deuxième lit, né handicapé, autiste fortement dépendant. Une carrière en dents de scie, car Chantal a quitté des emplois stables par amour ou par commodité. De veuvage en divorce, de petit boulot en petit job de moins en moins long, de moins en moins stable, Chantal Bauwens se retrouve un triste jour sans emploi, avec deux enfants à charge, plus de pension alimentaire et, pour couronner le tout, un gros montant d’arriérés d’impôts à payer. Pour vivre ou survivre, elle dispose d’une allocation de chômage et d’une allocation « handicapé » pour son fils. « Les trois quarts de celle-ci partent pour payer le centre qui s’en occupe la semaine. Je l’ai en charge du vendredi au lundi. Il est né prématuré, a aujourd’hui 28 ans et ne sait rien faire tout seul. Je suis inscrite depuis des années pour un logement social, mais on me dit à la commune que je ne suis pas prioritaire. Je n’ai pas de travail et personne ne veut engager une presque sexagénaire. Quant à moi, je me refuse à travailler au noir. Donc on fait quoi ? Avec un loyer qui prend 80 % de vos revenus, plus les factures, les crédits à rembourser, comment fait-on pour manger ? On apprend à se prendre en main et on apprend à dépenser moins. On se prive de certains plaisirs. Personnellement, je ne mange plus de viande, mais j’en achète toujours pour mon fils le week-end. Ça me fait un peu rire quand j’entends des gens privilégier les légumes et les fruits bio plus chers. Moi je n’ai pas ce luxe. Avec ce livre, je ne veux pas faire pitié. Mais je veux dire que la misère a aussi un autre visage que celui qu’on voit dans les médias avec des SDF à la soupe populaire. Moi je n’ai même pas un repas chaud par jour ! Il y a énormément de gens qui se retrouvent comme moi en situation précaire, mais qui ne vont pas mendier. Dans ce livre, je donne mes solutions antigalère, les petits trucs qui m’ont permis de m’en sortir, même si, aujourd’hui, ma situation est encore loin d’être rose. Quant à l’avenir ? Je n’y pense pas. Je n’ai pas envie de déprimer… »

“Ma vie en hard discount”, par Chantal Bauwens, Coëtquen éditions, 110 p., 10 euros en commande chez votre libraire. infos sur www.coetquen.com/

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