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Vendredi, 28 Octobre 2016 07:47

Un espace de jardinage et un fauteuil roulant...

Une idée qui a grandi depuis 2000 : rendre le jardinage accessible ! Aujourd’hui, des TERRAform sont installés dans plus de 60 sites en France, mais aussi au Luxembourg, en Suisse et en Belgique.

Tout commence à Nantes au début des années 2000. A la suite d’un projet qui a introduit le travail d’une trentaine d’artistes contemporains dans des jardins collectifs et privés, un pot de célébration conclut l’événement et salue son succès avec plus de 2 000 visiteurs en huit semaines. « Chantal, la femme d’un des jardiniers, est en fauteuil et nous a lancé un défi. Elle voulait pouvoir travailler dans le jardin plus facilement », se souvient Samia Oussadit. Avec ces compères Boris Cochy et Pascal Leroux, elle a lancé le collectif La Valise en 1997. Il rassemble ces trois architectes et artistes intéressées par « les pratiques artistiques contemporaines au contact des publics et de l’espace public. »

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Samia, Boris et Pascal qui ne sont ni jardiniers, ni ergothérapeutes retournent la demande de Chantal dans leur tête, ils travaillent sur des croquis. Ils discutent avec des centres de rééducation motrice, des jardiniers en fauteuil roulant. Grâce à des subventions venues du milieu culturel, ils présentent en 2004 leur premier prototype en résine (oui, ils sont conscients que la résine est toxique et pas idéale). Ils le décrivent comme leur TERRAform, comme un « jardin adapté pour personnes à mobilité réduite ». Il s’agit d’un bac de 1,50 mètre de largeur pour 1,20 mètre de profondeur et 80 cm de hauteur avec une capacité d’environ 0,80 m3 avec une coque où vient se loger le jardinier et son fauteuil.

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« Il existe bien des tables de maraichages qui peuvent convenir avec un fauteuil. Mais on ne peut faire que des plantes à racines courtes comme des fraises ou des radis. Chantal ne cultive pas seulement comme loisir, c’est aussi pour vivre », explique Samia. « Dans les bacs surélevés, les personnes en fauteuil doivent jardiner de biais. C’est inconfortable, pas ergonomique du tout. Il fallait trouver un entre deux qui permettent les racines profondes et le confort. » Autres bénéficiaires potentielles, les personnes âgées qui doivent jardiner assis sur une chaise. « Car autrement à un certain âge, les jardins collectifs leur retirent leur parcelle ! »

 Les trois concepteurs nouent des partenariats, ici avec Jardiland pour des matériaux, là avec un loueur de voitures pour une fourgonnette. « Le public a adhéré à TERRAform, mais les élus étaient réticents même si 2004 était l’année européenne des personnes handicapées. On ne comprenait pas que des artistes valides travaillent sur un projet pour des jardiniers en fauteuil », se souvient Samia. « Nous n’avions pas d’interlocuteur industriel. On est passé à d’autres projet car on ne savait pas qu’en faire. » Mais après le défi de Chantal, ce sont d’autres utilisateurs intéressés qui vont « donner une petite claque » à Samia, Boris et Pascal. « J’ai été invitée à un colloque à Brest, puis appelée par une maison de retraite. Un directeur d’institut m’a dit que nous étions égoïstes de ne pas poursuivre le projet. »

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Ils se remettent au boulot. Comme la résine était hors de question, ils envisagent le plastique recyclé et obtiennent un devis d’une entreprise rennaise. Pour un moule et 50 premiers tirages, il leur faut 35 000 euros. Qu’ils trouvent grâce aux listes de mécènes de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles) de Nantes. Sur 75 dossiers envoyés, 10 réponses et trois mécènes au final : la Fondation Groupe Chèque Déjeuner, la Macif et AG2R La Mondiale. Le Conseil général de Loire-Atlantique leur donne aussi un coup de main en leur accordant le statut d’emplois aidés car ce projet ne dégage aucun revenu et ils doivent toujours travailler en parallèle. En janvier 2010, les 50 premiers exemplaires sont prêts.

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Là, c’est la région qui prend le relais et leur offre l’accompagnement d’une consultante pour développer la distribution. « On ne savait pas à quel prix le vendre, comment organiser la logistique et les livraisons, faire du suivi après vente », continue Samia.  « Nous, on pensait 300 euros. Elle a estimé que ce n’était pas possible à moins de 1 000 euros. Nous nous sommes lancés dans une étude auprès de 70 maisons de retraite, 70 centres de rééducation et 70 mairies en leur demandant s’ils étaient intéressés et si le prix était juste. Nous avons eu 60 réponses : ils étaient intéressés et ce n’était pas trop cher. »

Aujourd’hui, des TERRAform sont installés dans plus de 60 sites en France, mais aussi au Luxembourg, en Suisse et en Belgique. « Nous étudions la possibilité de les fabriquer au Canada pour la demande dans ce pays et aux Etats-Unis. Nous avons des demandes en Australie. » Selon Samia Oussadit, deux publics se intéressés, à peu près à égalité : les maisons de retraite d’un côté et de l’autre des jardins partagés, hôpitaux  et autres centres. La ville de Nantes a commandé un jardin. « A la Villette à Paris, ça a bien pris et ils nous en commandent tous les ans. Ils ont beaucoup de conviction et d’énergie. »

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 De conception nantaise, le produit est fabriqué par une entreprise de rotomoulage en Ile-et-Vilaine (Rototec) et la menuiserie est assurée dans un atelier de réinsertion à Nantes (Association ATAO). Techniquement, « la coque est en polyéthylène 100% recyclé et 100% recyclable, et les cotés plans en pin de Douglas, un bois issu de forêts françaises et traité naturellement par oléothermie. »

Pour ces créatifs, le mot « produit » était un gros mot et ils craignaient que la démarche commerciale ne dénature leur projet et leur vision d’artistes. Mais, le TERRAform a clairement rencontré un écho. Au printemps prochain, le trio projette de faire un périple en France pour filmer les jardiniers qui utilisent leur solution de jardinage . Histoire de « revenir à la dimension humaine »….Un film qu’on a impatience de voir. Comme leur solution au prochain problème qu’ils aimeraient résoudre : comment arroser plus facilement en fauteuil…

http://www.terraform.fr

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