La maladie d’Alzheimer génère beaucoup de souffrance, émotionnelle et affective. Comment y faire face, comment s’en protéger pour ne pas détruire sa propre cellule familiale: ce sont des questions abordées à chacun des rendez-vous de l’Alzheimer café de Charleroi, qui se tient tous les troisièmes lundis du mois de 14 à 16h à Gosselies, au faubourg de Bruxelles n°7, à l’initiative du CPAS.

Objectif: offrir un lieu de parole et d’échange, de rencontres et d’information à toute personne confrontée (ou sensibilisée) à cette maladie éprouvante, qui touche en moyenne l’entourage d’un homme sur huit et d’une femme sur quatre dans notre pays. S’asseoir autour d’une tasse de café fumante pour partager son expérience, affronter le quotidien et envisager le futur: c’est le principe de ce projet co-organisé par la Ligue belge Alzheimer. C’est le seul du genre dans la région.

Face aux ténèbres

«L’objectif est de créer du lien, rompre l’isolement social des malades et de leurs proches tout en essayant de répondre aux difficultés qu’ils traversent», explique Patricia Scorneau, référente Alzheimer du CPAS. Ici, la parole est d’or. Chaque séance rassemble entre dix et quinze participants: certains veulent mieux comprendre ce qui arrive à leurs parents, leurs conjoints mais aussi à améliorer le confort et le bien-être de ces derniers.

D’autres ont besoin de se confier, ils sont sous tension, parfois au bord de la crise de nerfs. Maitriser ses émotions, décrypter l’évolution d’une forme de démence qui gagne chaque jour un peu de terrain, offrir à ceux que l’on aime toute l’attention que leur état réclame: «On en parle sans tabous», poursuit la référente, qui peut se rendre au domicile des personnes en souffrance sur rendez-vous. Il ne faut surtout pas hésiter à demander de l’aide, sous peine de sombrer dans la dépression et se mettre soi-même hors jeu.

Sentiment d’appartenance

Il y a des services d’assistance familiale à disposition des familles. «Parfois, nous invitons des professionnels à venir parler de leur pratique: c’est un kiné qui vient expliquer comment déplacer un patient sans risquer de lui faire mal, pourlui donner des soins oule doucher; c’est une diététicienne qui dispense des conseils pour continuer à donner envie de manger à des patients de plus en plus désorientés. Chacun vient avec son histoire, son vécu et le souci du moment, les malades sont aussi les bienvenus.»

L’atmosphère conviviale qui règne à l’Alzheimer café permet de briser les tabous et donne aux personnes malades un sentiment d’appartenance, de reconnaissance et d’acceptation.

Prochains rendez-vous: le 15 septembre, le 20 octobre, le 17 novembre et le 15 décembre.

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