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Mardi, 16 Mai 2017 10:36

Autiste, Guillaume réussit à intégrer une école dentaire

Guillaume Brisard, installé sur un atelier de travail de l’École dentaire du Grand Ouest. (Photo : Ouest-France) Guillaume Brisard, installé sur un atelier de travail de l’École dentaire du Grand Ouest. (Photo : Ouest-France)

Guillaume Brisard, 18 ans, étudiant vendéen souffrant d’autisme, a décroché son bac pro de prothésiste dentaire. Depuis un peu plus de trois ans déjà, le jeune homme apprend le métier, avec, en prime, une promesse d’embauche pour le mois de juin.

À l’entendre, tout sourit au jeune Guillaume Brisard. Et c’est vrai qu’en quelques mois, l’élève prothésiste est parvenu à décrocher son bac professionnel (de prothésiste) et son permis, le tout du premier coup, ainsi qu’un stage et une promesse d’embauche. « C’est une réussite », affirme-t-il fièrement.

Depuis un peu plus de trois ans déjà, le jeune homme apprend le métier de prothésiste dentaire. Son rôle consiste à réaliser des appareils sur mesure pour répondre au besoin d’un dentiste. « Patience, précision, création » sont les trois qualités essentielles de ce « travail d’artisan », explique Frédéric Guiot, le directeur de son école, l’Edgo (École dentaire du Grand Ouest), aux Herbiers, en Vendée. Guillaume s’est intégré à partir de la seconde dans cet établissement d’une soixantaine d’élèves, « presque une famille » tant tout le monde s’y connaît.

Pas de traitement particulier

Pour autant, pas question de traitement particulier pour Guillaume, que ce soit du côté des enseignants mais aussi du côté des élèves. Ses capacités d’attention ont progressé au fil du temps, et sa formation porte ses fruits. « Il maîtrise son truc, il est loin d’être bête », témoigne son directeur. Et même s’il bénéficie du dispositif du tiers-temps (un allongement de la durée des épreuves prévu pour tous les élèves ayant un trouble de santé), son directeur l’incite à l’utiliser le moins possible. « Je lui ai dit de l’utiliser si besoin », explique Frédéric Guiot, par exemple « s’il lui arrivait d’avoir une courte crise de panique pendant un examen, mais de ne pas compter dessus ».

Mais l’élève n’en serait pas arrivé là sans le maître. C’est en feuilletant le journal Ouest-France que Guillaume a découvert l’existence d’une école dentaire aux Herbiers. Il a alors visité l’établissement en compagnie de sa mère, et a été rapidement séduit. « C’est un peu là que j’ai accroché », témoigne-t-il. Sa rencontre avec le directeur lui a permis de s’intégrer de la meilleure des manières. Il a eu « de la chance », selon ses propres mots, de découvrir cette opportunité. Mais plus globalement, c’est tout le personnel qui s’est mis sur la longueur d’onde.

« C’est un peu une revanche »

Le plus saisissant, c’est le contraste avec la situation du jeune homme il y a quelques années à peine. « C’est un soulagement par rapport à la primaire, au collège », explique sa mère. Guillaume opine du chef, en précisant : « La pire année à supporter c’était la troisième », du fait des railleries et autres brimades de nombreux élèves. Un véritable harcèlement, qui l’incitait par exemple à passer le moins de temps possible dans la cour de son établissement.

Aujourd’hui, au contraire, Guillaume se sent bien intégré au sein de l’Edgo, à l’heure où il entame sa quatrième année, qui sera celle de sa spécialisation en orthodontie. Et s’il se fait connaître aujourd’hui c’est moins par l’irritabilité qu’entraîne par intermittence son autisme que par la spécialisation en CFAO (conception fabrication assistée par ordinateur) qui lui permet de se placer à la pointe de la technologie dans son domaine de compétences. D’autant plus que ce domaine satisfait pleinement cet amateur d’informatique qui, lorsqu’il ne se laisse pas séduire par les plaisirs vidéo ludiques, se dit « très intéressé par la conception 3D et le dessin par ordinateur ».

Une équipe pédagogique concernée

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Frédéric Guiot, directeur de l’Edgo, Guillaume Brisard et sa mère. (Photo : Ouest-France)

Frédéric Guiot, le directeur de l’École dentaire du Grand Ouest (Edgo), avoue avoir parfois fait de l’excès de zèle, pour veiller au mieux à l’intégration de Guillaume. Comme cette fois où il est arrivé dans une classe en voulant remettre en place les élèves qu’il soupçonnait d’avoir déclenché une crise de panique. Mais, « il s’est avéré que la mise au point était inutile, car les élèves n’étaient pas en cause », indique Frédéric Guiot.

En dehors de cela, les enseignants ont été avertis à son arrivée qu’il ne fallait pas s’inquiéter si Guillaume Brisard avait du mal à rester en place. Frédéric Guiot explique qu’au départ « il avait tendance à se lever pour marcher un peu dans l’école ». Une habitude difficile à gérer dans un établissement scolaire classique, mais que la petite taille de l’école a permis de gérer au mieux. Depuis, cette habitude s’est peu à peu estompée.

Pour l’école, une adaptation plutôt facile. L’autisme regroupe des formes extrêmement variées. Et si le terme est souvent acculé à certains clichés, dans le cas de Guillaume, l’école n’a rien eu à changer pour accueillir ce nouvel arrivant. « L’essentiel, c’est que les enseignants et les autres élèves soient au courant et compréhensifs », explique Frédéric Guiot. Les symptômes de l’apprenti prothésiste sont assez légers et se limitent principalement à quelques crises d’angoisse de temps en temps, mais qui le plus souvent prennent fin d’elle-même rapidement.

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