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Mercredi, 24 Mai 2017 07:17

Cannes: "Vers la lumière" de Naomi Kawase, une approche lumineuse du handicap

 Abonnée VIP depuis sa caméra d'or en 1997, on a pu suivre le parcours de Naomi Kawase, véritable cinéaste en marche. Partie d'un cinéma abstrait, conceptuel, elle a pris ensuite une direction plus mystique et tout en regardant au-delà de l'horizon, elle se rapproche aujourd'hui du spectateur. En lui offrant ces « Délices de Tokyo », l'histoire d'un vendeur de dorayakis, savoureux récit sur la transmission.

Son chemin la conduit cette fois dans un endroit jamais vu au cinéma, une salle de réunion où l'on prépare l'audiodescription d'un film. Alors qu'une séquence défile à l'écran, une jeune femme décrit tout ce qu'elle voit et se tait quand les acteurs parlent. Ensuite les non-voyants font leurs remarques sur le choix des mots, le commentaire des images. A charge ensuite pour l'audiodescriptrice d'adapter son texte en fonction des remarques.

Toute dévouée à son travail, sollicitant même un rendez-vous auprès du réalisateur pour connaître le sens qu'il donne au plan final ; Misako est secouée par les réactions sèches des consultants. Notamment un ancien photographe qui lui reproche brutalement son trop-plein d'informations, ses interprétations subjectives qui court-circuite l'imagination.

Il ne s'agit pas pour Naomi Kawase de livrer un documentaire sur l'audiodescription mais bien de s'en servir pour aborder l'expérience du cinéma. Comment le film agit-il dans la tête du spectateur?

Vertigineuse, cette réflexion sur le cinéma se double d'une approche lumineuse du handicap. Car ses rapports vifs avec les aveugles forcent cette jeune femme qui pensait leur offrir son aide, à observer la situation d'un autre angle. En l'occurrence sa vue monopolise sa perception au détriment des autres sens et de l'imagination. Bien qu'ils ne voient pas, les non-voyants ressentent le film plus intensément que le spectateur lambda.

Cette vie intérieure plus large, cette capacité à s'immerger dans le film, Naomi Kawase la suggère notamment en cadrant ses acteurs au plus près, collant aux visages, aux yeux comme si le reste du corps n'existait plus.

Tout au long, « Vers la lumière » se charge d'une réflexion sur la beauté de ce qui va disparaître, sur ce qu'on voit sans comprendre et inversement.

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